Dimanche 2 Mai - Mer Rouge


17h30 : Et voila, nous voguons sur la Mer Rouge ! Trait d’union entre l’Afrique et l’Asie, cette mer a toujours été un lieu de contact et de passage. A la fois carrefour de civilisations et au centre des enjeux des grandes puissances, les pays riverains doivent coopérer étroitement entre eux pour préserver la sécurité et la stabilité de cet espace commun.





Nous croisons un gigantesque bateau de croisière de luxe mais aussi un énorme chalutier, c'est très éclectique comme port !
Le golfe d’Aqaba est bordé par quatre pays riverains : l’Arabie saoudite, l’Égypte, Israël et la Jordanie et nous les voyons mais de loin, bien sur ! Ses eaux sont considérées comme « internationales ». Le golfe d’Aqaba est large d’une vingtaine de kilomètres seulement et s’étend sur environ 180 km des détroits de Tiran à la limite septentrionale du golfe, où l’Égypte, Israël et la Jordanie se partagent la territorialité de son extrémité. A cet endroit très resserré, chaque pays recense sur la côte une ville d’importance : Taba pour l’Égypte, Eilat pour Israël et Aqaba pour la Jordanie. Il s’agit non seulement de villes et de ports commerciaux d’importance stratégique pour leur nation, mais aussi de destinations de choix pour les touristes du monde entier à la recherche d’un climat chaud et agréable presque toute l’année et désireux de marcher dans les pas de l’Histoire... comme nous !

Après 3/4 d'heure de navigation, le bateau stoppe et surgissent 2 petites barques avec un atout majeur : leur fond en vitre transparente afin que l'on puisse, sans se mouiller, admirer les magnifiques fonds marins. Nous avons pu voir des raies, pleins de très jolis poissons colorés et de magnifiques coraux bleus, blancs, rouges,.... n'y voyez aucune allusion !

Nous reprenons notre croisière mais en sens inverse cette fois, et surprise : un apéritif nous est servi avec une succulente pastèque, des noix de pécans et autres, et surtout l'Arak, alccol de raisin anisé... ! Nous rentrons vers Aqaba au soleil couchant...

20h : Retour en bus à l'hôtel. Un magnifique buffet nous attend.

La ville d’Aqaba a profité de la croissance des années 70 et 80. Au début des années 2000, le roi a lancé un vaste chantier de modernisation et d’agrandissement du port. Ville très accueillante et cosmopolite, certains d'entre nous décident de s'y promener en nocturne.

Lundi 3 Mai - Frontière Jordanie-Israël

6h30 : Départ de notre hôtel pour la frontière israëlienne. Elle n'est située qu'à 15 mn, heureusement car en y arrivant, une dame se rend compte qu'elle a oublié son passeport dans sa chambre ! Notre guide téléphone immédiatement à l'hôtel et ils prennent ensemble un taxi (heureusement qu'il y a des taxis devant la frontière, ce genre de souci doit arriver plus fréquemment qu'on ne le pense !) pour faire au plus vite l'aller/retour...

Nous décidons de faire passer la frontière au groupe car l'attente pour les formalités est plutôt longue, le Père Doumairon préférant quant à lui rester, au cas où, du côté jordanien...

Heureusement tout fini bien puisqu'ils nous rejoignent 1/2 heure plus tard le passeport, dans les mains ! Nous disons au-revoir à Mahmoud et au chauffeur à travers les grillages de la frontière...

9h : Après des incompréhensions de tampons israëliens ou pas, sur nos passeports, et des fouilles bien appliquées, nous faisons la connaissance de Peter notre guide chrétien, palestinien, israëlien et de notre chauffeur palestinien, isrëlien Zahi. Nous prenons donc directement la route. Peter souhaite nous présenter son pays Israël. Superficie : 21 000 km pour 7 millions d'habitants, mais seulement 160 000 chrétiens ! C'est pour cela qu'il est important que tous les chrétiens viennent du monde entier sur la terre de Jésus et les aident... A Gaza sur 360 km2 vivent 1 million et demi de personnes, c'est l'endroit le plus peuplé en densité au monde ! Notre guide propose des textes bibliques mais aussi de Charles de Foucault sur le désert que nous traversons.

Méditation du Père sur le thème du désert. Chant : "Trouver dans ma vie Ta présence".

Lundi 3 Mai - Massada

11h : Nous arrivons devant la forteresse de Massada, haut lieu de la résistance juive contre les romains en 73, sous le règne d'Hérode Agrippa II, et pour y accéder il faut prendre... un téléphérique géant ! L'une d'entre nous ayant peur d'y monter, préfère rester et attendre notre retour à l'accueil. Tout le reste du groupe se laisse porter par la machine jusqu'au sommet du rocher dressé à 450 m à pic au-dessus de la Mer Morte ! Nous admirons cette magnifique vue sur le désert de Judée, la Mer Morte mais aussi la Jordanie dont nous aperçevons au loin les montagnes. Ensuite, nous sommes conduits par Peter devant une maquette de ce que fut à l'origine Massada c'est à dire l'un des palais-forteresse d'Hérode le Grand (- 37 av JC à 4 ap JC), roi grâce aux romains ! Construite en plein désert il y avait malgrè tout 5 salles de bains romains, grâce à des citernes et des aqueducs !
Nous faisons le tour de la forteresse et visitons quelques vestiges dont des peintures sur les murs et des carreaux en parfait état de conservation, entre autre.
En 66 ap JC, il y eu une révolte contre les romains et 1000 juifs y trouvèrent refuge. La 10ème unité de la légion romaine s'installa au pied de la forteresse et ils décidèrent de contruire un rampe... Ils mirent 1 an à la bâtir. Sachant qu'ils allaient être attaqués le lendemain, et plutôt que de se rendre aux Romains, les juifs préférèrent un suicide collectif. Mais comme leur religion interdit le suicide, chaque homme devait tuer sa femme et ses enfants, ensuite 10 hommes tirés au sort furent chargés de tuer les hommes restants et en dernier, un homme dû tuer les 9 autres et brûler la citadelle et bien sur se suicider... 2 femmes et 5 enfants rescapés du massacres rapportèrent aux romains tout ce qui s'était passé, provoquant leur admiration... Depuis lors, Massada est devenu pour le monde juif le symbole du courage et de l'héroïsme.
Les historiens modernes pensent qu'en réalité, les Romains attaquèrent, que certains se sont suicidés, mais pas plus...
Dans une chapelle construite pendant la période byzantine, nous chantons : "Mon Dieu, Tu es grand, Tu es beau".
13h : Nous redescendons toujours grâce au téléphérique !
13h30 : Avec le bus nous descendons de quelques centaines de mètres pour un déjeuner dans une auberge de jeunesse située juste au dessous du Rocher et toujours avec vue sur la Mer Morte et la Jordanie !.... http://www.iyha.org.il/Fra/Index.asp?CategoryID=78&ArticleID=64

Lundi 3 Mai - Mer Morte

14h30 : Après le repas nous partons en direction de la Mer Morte (appelée ainsi car toute vie animale ou végétale est absente de ses bords), sur la route nous passons devant une exploitation de sels minéraux de la Mer et aussi des installations hotelières spécialisées dans des cures.



15h : Nous arrivons sur la plage d'Ein-Guédi qui offre des douches d'eau douce pour se dessaler et où nous prenons un petit temps pour faire trempette ! La Mer Morte, fermée, reçoit divers cours d'eau dont le Jourdain et l'Arnon ; l'évaporation y est de 10 à 20 mm par jour ! Cette eau est sept à dix fois plus dense que l'eau de mer ordinaire, la salinité est si forte (27 % de sels : sodium, magnésium, calcium et potassium) qu'il est impossible de s'y noyer ! Sa superficie est de 1015 km2, elle est à - 430 m au dessous du niveau de la Mer Méditerranée (point le plus bas de l'écorce terrestre !) Profondeur maximum : 300 mètres. La température est idéale, les eaux bleuâtres... les montagnes du Moab et de Judée, en fond, sont magnifiques... Moments de rires et de bien-être... Attention aux yeux et même à la bouche... l'eau est véritablement très salée !



16h : Nous reprenons la route et nous passons devant Qoumrân, le site des Esséniens. Les "moines" juifs, qui avaient fait schisme d'avec le clergé du Temple (entre 130 avant et 68 après J.C) habitaient les multiples grottes des falaises que nous apercevons de loin. C'est surtout le lieu où furent trouvés par un jeune bédouin, en 1947 et par hasard, des jarres contenant des manuscrits anciens... les manuscrits de le Mer Morte.

Lundi 3 Mai - Jéricho

16h45 : Nous arrivons au check-point situé à l'entrée de la ville de Jéricho et nous entrons en Territoire Palestinien, zone A, c'est à dire zone interdite aux israëliens. Nous passons devant un camp de réfugiés et nous aperçevons l'hôtel Intercontinental marqué par des traces d'intifada... Jéricho est une cité de 40 000 habitants dont 500 chrétiens. Elle serait occupée par les hébreux depuis le 13ème siècle avant J.C. Dans le car nous lisons Luc 19 : lecture de Zachée et nous arrivons devant le seul sycomore de Jéricho, surement un rejeton de celui qui existait au temps de la guérison de l'aveugle Bar Timéz par le Christ.

Deuxième arrêt : devant le Mont de la Tentation ou de la Quarataine (bien qu'aucun détail dans l'évangile ne vienne préciser exactement où Jésus jeuna). On distingue le monastère grec orthodoxe accroché à la paroi, relié par téléphérique. Lecture de Mathieu chapitre 4.
Troisième arrêt : devant les murs de Jéricho. Au cours des des derniers travaux de fouilles, on a pu mettre au jour les plus anciennes strates ou niveaux d'occupation qui soient connues à ce jour, de plus de 10 000 ans !



Quatrième arrêt : Magasin tenu par des chrétiens de produits de la Mer Morte, de fruits et divers autres articles.

Lundi 3 Mai - Bethléem


18h : Départ pour Bethléem. Autre check-point et nous passons par Jérusalem Est (territoire occupé) et nous apercevons les murs de séparations... quand il sera fini il fera 705 km de long... parfois il passe entre des maisons... A gauche nous apercevons Béthanie (village de Lazare et de ses soeurs). Bethléem est une ville de 70 000 personnes. Il y a 40 ans elle était peuplée en majorité de chrétiens. Actuellement il n'en reste plus que 30 à 35 %. Les autres habitants sont musulmans.

19h : Arrivée à l'orphelinat de Soeur Sophie : la Crèche de Bethléem. Nous avons la chance de partager un petit moment avec les enfants recueillis dans ce merveilleux endroit. Pour décrire ce que ces personnes vivent au quotidien, je préfère laisserla parole à Soeur Sophie elle-même, car qui mieux qu'elle peut nous parler de son action :
"Notre activité à la Crèche demeure toujours aussi importante malgré l’attention aujourd’hui portée à l’enfance en détresse. Tant que le conflit durera, la domination et l’oppression sont si écrasantes que l’enfance en pâtira et de plus en plus d’enfants tomberont dans l’insécurité, la détresse.
Nous accueillons de nombreux enfants, placés chez nous parce qu’en danger chez eux. Nous en accueillons d’autres dès leur naissance, parce qu’abandonnés et de ce fait en détresse. La Crèche a accueilli cette année 2 à 3 nouveaux-nés abandonnés chaque trimestre. Nous recevons enfin des externes enfants de familles pauvres, qui rejoignent la petite école pendant la journée. Chacun de ces enfants a une histoire propre : blessé, traumatisé, parfois sévèrement. Aussi, autant notre travail dépasse l’enceinte de la Crèche, autant l’histoire de nos enfants et l’environnement sociopolitique affectent la vie de la Crèche.
Notre travail nous le vivons au quotidien, et il nous affecte. Il est donc difficile de mesurer, de calculer notre activité ; elle touche à l’humain, non au quantifiable. Comment mesurer le bénéfice que nos enfants tirent de la petite école ? Sans aucun doute, l’effet qu’elle a sur la première enfance est positif, réjouissant, et cependant nous nous posons toujours les mêmes questions : qualité, justice, efficacité, opportunité, etc.…
Du côté des enfants, nous avons eu des problèmes assez sérieux concernant une petite fille abandonnée, Zeina. Le 4 mai 2009, je l’avais recueillie, abandonnée sur un trottoir à Hébron peu de temps après sa naissance dans un état très grave. Dès son arrivée chez nous, malgré les soins d’urgence son état s’aggravait. Lorsqu’on chercha à avoir quelques nouvelles concernant la mère, on apprit que malheureusement la pauvre avait été tuée le jour même.
Depuis son arrivée donc, nous sommes continuellement en route pour l’hôpital de Jérusalem, où elle doit être soignée par les plus grands spécialistes ; et à chaque passage du « mur » nous sommes bloqués : nos bébés abandonnés n’ont même pas un certificat de naissance ! et bien d’autres difficultés encore. Il y a 2 mois, elle a subi une biopsie du foie. Résultat : assez grave, « Fibrosis », la petite nécessiterait une transplantation du foie. Des questions se posent alors : où… comment… avec quoi ?...
La réponse ne s’est pas fait attendre, la Providence est là pour s’en charger : des médecins en visite chez nous voyant l’état de cette petite n’ont pas pu rester indifférents. Un mois après leur visite, nous avons reçu une réponse de l’Hôpital de Bologna en Italie : « la petite sera admise en centre spécialisé à Bologna ». Et toutes les formalités ont pu être réglées : obtention d’un passeport, d’un visa… l’ambulance à prévoir… pour passer par l’aéroport Ben Gourion, non autorisé aux palestiniens… ! Mais Zeina a eu le privilège de passer.
Petits enfants de Bethléem, vous êtes vraiment dans le cœur de Dieu, dans son amour… ! Même vos amis bienfaiteurs font tant de sacrifice, de générosité pour vous assurer tous les soins nécessaires. Pour Zeina, des sommes qui dépassent de loin nos possibilités ont été versées à l’hôpital.
Chers amis, à travers votre action humanitaire l’espoir d’une véritable paix est permis. Les rangées de murs dressés entre les peuples peuvent être franchis.
Je n’aurais jamais assez de mots pour vous remercier : pour la joie et l’espoir de faire vivre ces petits enfants, en leur procurant ainsi le droit à la vie dans l’amour.
Avec toute notre reconnaissance,
Sœur Sophie Bouéri, Fille de la Charité. "

20h : Arrivée à notre hôtel dans Bethléem : "Nativity Hotel" http://www.nativityhotel.com/

Mardi 4 Mai - Bethléem

9h : Départ de l'hotel pour Beith-Sahour, petite localité qui touche Bethléem et où se situe le "Champ des Bergers" lieu où la tradition situe le récit de l’évangile de saint Luc (Lc 2, 1-19), quand les bergers entendirent les anges les inviter à venir à Bethléem..












9h15 : Messe dans la grotte. Au cours de cette célébration le Père invite à donner des intentions de prière. Plusieurs s'expriment librement. Le Père suggère une pensée particulière pour toutes celles qui sont appelées à donner naissance.



10h15 : Visite de l’église actuelle située au-dessus de la grotte. Elle fut construite en 1950 par l’architecte A. Barluzzi. L’intérieur est divisé en trois nefs par deux séries de quatre colonnes. Sur le devant et les côtés de la partie inférieure, ainsi que le long du gradin, se juxtaposent quinze scènes, depuis l’Annonciation jusqu’à l’arrivée de la Sainte Famille en Egypte. Au centre du gradin, près du tabernacle, sont représentés les quatre évangélistes et, au-dessus, les douze apôtres autour du Christ.




10h45 : Shopping dans un magasin spécialisé dans l'olivier tenu par des chrétiens. Le guide a offert un magnifique calice en bois d'olivier au Père.




11h30 : Visite de la Basilique de la Nativité. Très très longue attente pour voir l'une des plus vieilles églises du monde, bâtie sur le lieu présumé de la naissance du Christ. Elle fut construite au IVe siècle par l'empereur romain Constantin Ier le Grand, et restaurée au VIe siècle. Elle est considérée comme sacrée à la fois par les chrétiens et par les musulmans. Elle se présente comme une forteresse, la porte (rétrécie pour éviter les entrées à cheval) oblige tout homme à se courber, dans un geste d'humilité. Sous le pavement actuel, des travaux réalisés en 1936 ont permis de retrouver des mosaïques du IVème siècle. L'étoile d'argent : marque l'endroit supposé de la naissance de Jésus.







13h : Petit passage par l'église Ste Catherine qui jouxte la Basilique de la Nativité. Evocation de la grotte de St Jérome.
















13h30 : Nous parcourons à pied les ruelles de la vieille ville pour un déjeuner dans une paroisse melkite (grec catholique), nous sommes reçus par le prêtre, son épouse et ses enfants. Petit tour dans son église.